Arrêt de la chambre sociale
de la Cour de cassation, n° 02-41755 du 11/05/2004
Par cet arrêt, la Cour de cassation rappelle
les règles de protection dont bénéficient les
salariés mandatés par une organisation syndicale pour
négocier un accord de réduction du temps de travail.
En l’espèce, un salarié avait été
mandaté dans le cadre de la loi Aubry I. Il a été
licencié plus de 6 mois après le début de son
mandat. Le salarié agit en paiement d’une indemnité
pour non respect de la procédure de licenciement. Selon lui,
l’employeur aurait dû demander l’autorisation à
l’inspection du travail.
1) Rappel des délais
légaux de protection contre le licenciement d’un salarié
mandaté.
La Cour de cassation rappelle que la protection du salarié
débute dès que l’employeur a connaissance du mandatement.
Cette protection se termine 6 mois (délai porté à
12 mois par la loi Aubry II) à compter de la signature de l’accord
ou, à défaut d’accord, à compter de la
fin des négociations ou de l’expiration du mandat.
Elle considère que le mandat, même s’il est privé
d’objet (les négociations n’ont pas pu avoir lieu
pour quelque raison que ce soit), ne devient pas automatiquement caduc.
Par conséquent, l’employeur devra demander l’autorisation
de licencier le salarié mandaté à l’inspection
du travail.
2) Solutions jurisprudentielles pour
mettre fin au mandatement du salarié.
La Cour de cassation envisage 2 possibilités de mettre fin
au mandat du salarié qui n’a plus lieu d’être
:
- la révocation du mandat par le syndicat
- l’employeur demande au juge de constater sa caducité.
3) Intérêt de la solution.
Aujourd’hui, il n’est plus possible de conclure
un accord de réduction du temps de travail avec un salarié
mandaté par un syndicat dans le cadre des lois Aubry.
Cependant, cette jurisprudence conserve tout son intérêt
dans la mesure où la loi du 4 mai 2004 relative à la
formation tout au long de la vie et au dialogue social prévoit
la possibilité pour une organisation syndicale de mandater
un salarié pour une négociation déterminée,
en l’absence de délégué syndical et de
représentants du personnels élus (PV de carence) dans
l’entreprise. Le salarié mandaté bénéficie
d’une protection contre le licenciement pendant 12 mois à
compter de la fin du mandat. En l’absence d’accord, la
protection est valable pendant 12 mois à compter de la fin
des négociations matérialisée par un PV de désaccord.
Cour de cassation, n° 02-1755 du 11/05/2004 – legifrance.gouv.fr